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Rentrée littéraire 2019 : quelques livres audio

Dans ma sélection spéciale Rentrée littéraire2019  il y avait  4 romans disponibles en livre audio (Merci Audible ) , écrits par 4 femmes…
Amélie Nothomb, Karine Tuil, Nathacha Appanah, Violaine Huisman.

Voici ce que j’en ai pensé de :

Soif, d’Amélie Nothomb (21 août)
Rose désert, de Violaine Huisman (22 août)
Les choses humaines, de Karine Tuil (22 août)
Le ciel par-dessus le toit, de Nathacha Appanah (22 août)

 

Note  07 09 2019 :

J’ai terminé « Le ciel par-dessus le toit », « Soif » et « Rose désert » – ce sont des romans plutôt courts … et j’ai aimé les trois.

(J’éditerai ce billet avec mon retour sur le roman de Karine Tuil.)

SOIF – Amélie Nothomb

Description

« Pour éprouver la soif, il faut être vivant. » Amélie Nothomb

« On n’apprend des vérités si fortes qu’en ayant soif, qu’en éprouvant l’amour et en mourant : trois activités qui nécessitent un corps. » Avec sa plume inimitable, Amélie Nothomb donne voix et corps à Jésus Christ, quelques heures avant la crucifixion. Elle nous fait rencontrer un Christ ô combien humain et incarné, qui monte avec résignation au sommet du Golgotha. Aucun défi littéraire n’arrête l’imagination puissante et fulgurante d’Amélie Nothomb, qui livre ici un de ses textes les plus intimes.

©2019 Éditions Albin Michel (P)2019 Audiolib

J’ai laissé passé quelques jours après dégustation de Soif, (il faut laisser décanter certains romans ). Ce n’est donc pas un avis à chaud que je vous livre…   Amélie Nothomb  nous raconte la vie de Jésus  à sa façon. Revisiter la vie du Messie, ce n’est pas une idée nouvelle, mais c’était assez inattendu de la part d’Amélie Nothomb . En tout cas, moi, j’ai été suprise par ce choix de sujet

Soif est un roman spirituel, tragique et hédoniste  Amélie Nothomb sait si bien décrire le plaisir de boire de l’eau – le texte est à la limite de la potomanie.

L’autrice sait aussi bien exprimer les souffrances de la soif… Le Christ décidant en effet de ne pas boire la veille de son supplice pour la douleur de la soif  atténue en quelque sorte les autres souffrances….

Soif est est un bon cru, le style est à la fois limpide et recherché mais ce n’est pas mon Nothomb préféré.  Mon favori reste « Stupeurs et tremblements » même si j’ai beaucoup apprécié Frappe -toi le cœur et Métaphysique des tubes.

Le format audio sied à merveille aux livres d’Amélie Nothomb – j’en ai écouté plusieurs  dont Frappe-toi le cœur.
Grégori Baquet ( la voix de Jésus ) est parfait dans ce long monologue. Sa lecture est fluide, sa diction précise…  C’est une belle performance.

 

ROSE DESERT – Violaine Huisman

Description

« C’est pas dangereux par là-bas ? À ton avis, bibi ? Je n’étais pas vraiment au courant du conflit au Sahara occidental avant de traverser la région en autocar. L’ampleur des problèmes de terrorisme dans cette zone du pays n’est pas non plus notoire, si? Il abaisse ses lunettes fumées avec une emphase théâtrale, et je remarque tout à coup ses yeux bleu-vert, lesquels, entre ses pattes-d’oie, sa peau burinée et sa barbe de trois jours, ressemblent aux lagunes de Dakhla. Géraldine, tu vas devoir m’expliquer ce que tu fous ici. »

Suite à un immense chagrin d’amour à l’approche de la trentaine, Violaine décide de traverser le désert, du Maroc au Sénégal. À partir de ce périple improbable, s’esquisse une réflexion sur l’emprise et la perte. En revisitant ses rapports aux hommes depuis l’adolescence, elle aborde avec une sincérité rarement égalée les tabous de l’éveil à l’amour et à la sexualité. L’écriture si particulière de Violaine Huisman, à la fois poétique et abrupte, s’impose sur ce sujet intime dans toute sa vitalité.

©2019 Editions Gallimard (P)2019 Editions Gallimard

« Fugitive parce que reine du rose désert »

Autobiographie (et biographie ) âpre, sensible, sans complaisance … Violaine Huisman raconte sa jeunesse et sa vie de jeune adulte à travers un voyage risqué en Afrique et une expatriation à New York. Pas de rose bonbon dans cette histoire , mais des descriptions chaudes d’une passion toxique,  des expériences parfois « borderline » des souvenirs douloureux d’une mère malade, fantasque, et d’une famille que l’on pourrait qualifier de « dysfonctionnelle » … VIolaine Huismains, sans auto complaisance, nous raconte son passé, sans omettre les expériences douloureuses. Et à la fin de cette traversée du désert de sa jeunesse, arrivent la maturité, l’apaisement (relatif) et la sagesse.  On apprend aussi des choses sur la Mauritanie et le Sénégal, et on se remémore les années 90/ 2000,  grâce à ce livre .

Je découvre cette autrice et j’ai aimé ce texte.

 

La lectrice,  Rachel Arditi, y est pour beaucoup dans mon appréciation. Elle vit visiblement le texte, tour à tour, écorchée vive, ironique, désespérée…  C’est un texte qui n’a pas dû être facile à dire/lire… Chapeau bas, donc !

 

LE CIEL PAR-DESSUS LE TOIT – Nathacha Appanah

« Sa mère et sa sœur savent que Loup dort en prison, même si le mot juste c’est maison d’arrêt mais qu’est-ce que ça peut faire les mots justes quand il y a des barreaux aux fenêtres, une porte en métal avec œilleton et toutes ces choses qui ne se trouvent qu’entre les murs. Elles imaginent ce que c’est que de dormir en taule à dix-sept ans mais personne, vraiment, ne peut imaginer les soirs dans ces endroits-là. »

©2019 Editions Gallimard (P)2019 Editions Gallimard

Le titre vient d’un poème de Verlaine. Le ciel par-dessus le toit est en lice pour le Renaudot et pour le Goncourt.

Il s’agit du récit d’une histoire de famille « dysfonctionnelle » ( je n’ai pas trouvé d’autre terme, même si je n’aime pas ce adjectif ). Même si ce sujet est un thème rebattu, Natacha Appanah- une écrivaine que je découvre alors qu’elle a déjà écrit dix romans –  introduit de la singularité dans le récit avec ses personnages complexes. Le texte parle aussi d’enfermement ( carcan familial, incarcération….),  d’émancipation, de marginalité…

C’est à la fois original, fort et doux. Simple, parfois banal, et parfois l’inverse. Cruel mais optimiste. La fin est abrupte et un peu trop ouverte à mon goût . J’ai néanmoins apprécié  la  concision de ce roman. Je  pense que « Le ciel … »  fera parler de lui et comprend qu’il soit en lice pour de grands prix littéraires.

Suliane Brahim de la Comédie Française possède une voix douce et agréable, mais  j’ai  trouvé son interprétation un peu lisse. (C’était peur-être voulu.)

# A noter : Le ciel par dessus le toit , les choses humaines et Soif sont en pré-sélection pour le Goncourt !

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Livre audio : Dune de Frank HERBERT

Dune, de Frank Herbert, est paru le 11 avril 2019 sur Audible. Ce livre est lu par Benjamin Jungers.

Vous trouverez ci- dessous mon avis sur cette « audio lecture « .

Mais avant, une petite introduction…

Paru en 1965, il s’agit d’un chef d’oeuvre de science fiction écrit par Franck Herbert qui au départ devait écrire un article sur les dunes (source :émission Blockbusters* ) . Ce serait le roman de ce genre le plus lu au monde.

Dune a été adapté au cinéma en 1984 par David Lynch et sera à nouveau sur les écrans en novembre 2020, le film sera cette fois réalisé par Denis Villeneuve.

Alejandro Jodorowsky a tenté en vain une adaptation…il faut dire que ce roman et ses suites sont un modele de complexité… un défi à représenter en images !

Présentation par Audible

Le chef d’œuvre de Frank Herbert enfin en livre audio !

Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers convoite. Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l’Histoire. Cependant les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique : elles veulent créer un homme qui réunira tous les dons latents de l’espèce. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l’Empire ?

Avis express : Dune…. Tout un univers !

L’œuvre est complexe, aride -pardon pour le jeu de mots, mais c’est vrai- on la déteste ou non l’adore (à sa sortie il a été soutenu uniquement par Arthur C. Clarke). Ce roman a été toutefois récompensé du vivant de son auteur ;  par exemple reçu le prix Nebula en 1966.

C’est un roman de science-fiction particulier. C’est un livre univers. Herbert a créé un monde, un univers parallèle, sans nous en donner les clefs, mais on retrouve notre univers, un univers déguisé avec des problématiques de notre temps…Le fils de l’auteure reprendra le flambeau en rédigeant une suite avec les mêmes codes.

Écologie, religion, racisme, lutte de pouvoirs, relations familiales et sociales complexes, course après l’Epice, ressource précieuse (drogue ou pétrole ?). C’est un livre aux thèmes politiques, philosophiques, mystiques, et même écologiques et géographiques.

Le résultat est très « space » même si le livre ne se passe dans l’espace, il n’y a pas de problématique technologique, on retourne dans une sorte de société médiévale ou antique, féodale, l’ère des machines est dépassée.

J’ai beaucoup aimé l’aspect féministe avec les Bene genesserit qui peuvent remonter dans l’esprit de ses parents, voyager dans le temps et l’espace… une sorte de super méditation transcendantale. Pas étonnant que David Lynch ait adapté le livre.

Les relations familiales sont compliquées (litote).Paul est le héros, on identifie clairement le baron Arkonnen comme étant le méchant..Mais Paul n’est ni un jeune homme ordinaire ni un ange.

Dame Jessica, la mère de Paul est très intéressant,pétri de contradictions ; son destin est aussi torturé que celui de son fils.

Le style du roman, est un peu compliqué, très détaillé, mais agréable à écouter – il m’a juste fallu réécouter quelques passages. Chaque chapitre ou presque est introduit par une citation d’un livre futur. C’est un peu difficile à comprendre….
En fait, il existe un certain nombre de choses difficiles à comprendre dans le  » Duniverse « , mais cela partie du charme et de la richesse du livre. À chacun de voir des références, à chacun ou presque d’avoir sa version et son interprétation.

C’est un pavé, il faut y aller doucement et ne pas être trop cartésien…. je reste avec plein de questions au bout de ces 18 h et quelques d’écoute, je devrai lire la suite.

A mon avis, ce livre visionnaire est inadaptable…

J’ai vu l’adaptation de Lynch (un cauchemar à tourner selon le réalisateur ) et je n’en garde pas un souvenir impérissable…
Je regrette de ne pas avoir vu le documentaire sur la tentative de Jodorowsky, et j’attends avec impatience l’adaptation en deux parties de Denis Villeneuve( je viens d’avoir cette information grâce à l’émission Blockbusters). Une série télévisée sera consacrée à la caste religieuse, politique et exclusivement féminine des Bene gesserit.
Je n’ai pas vu la mini série les enfants de Dune .

Le comédien lecteur, Benjamin Jungers, caractérise bien les personnages, notamment féminins, et possède une voix agréable et une excellente diction. Après, il faut être concentré, il y a beaucoup de personnages et de termes inventés….
Mais quel beau voyage que cette (audio) lecture. On a du mal à laisser cet Univers, surtout que rien n’est résolu.

  • À écouter :  le podcast Blockbusters du 8 août 2019 :

https://www.franceinter.fr/emissions/blockbusters/blockbusters-08-aout-2019

Les copyright du livre audio.

©1965 / 1969 / 1970 / 1972 Frank Herbert / Galaxy Publishing Corporation / Traduction française : Éditions Robert Laffont, SA. Traduit par Michel Demuth (P)2019 Lizzie, un département d’Univers Poche, Paris
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(Livre audio) I am, I am, I am de Maggie O’Farrell  

Le livre audio du mois de juillet choisi par le #clubaudible est  » I am I am I am » de Maggie O’ Farrell …

Sous- titré de façon intrigante « 17 rencontres avec la mort », ce livre est un coup de cœur pour moi !

Description :
Après le succès d’Assez de bleu dans le ciel, Maggie O’Farrell revient avec un nouveau tour de force littéraire. Poétique, subtile, intense, une œuvre à part qui nous parle tout à la fois de féminisme, de maternité, de violence, de peur et d’amour, portée par une construction vertigineuse. Une romancière à l’apogée de son talent. Il y a ce cou, qui a manqué être étranglé par un violeur en Écosse. Il y a ces poumons, qui ont cessé leur œuvre quelques instants dans l’eau glacée. Il y a ce ventre, meurtri par les traumatismes de l’accouchement…

Dix-sept instants. Dix-sept petites morts. Dix-sept résurrections. Je suis, je suis, je suis. I am, I am, I am.

Mon avis sur I am I am I am de Maggie O’Farrell

J’ai trouvé ce livre de Maggie O’ Farrell très original…

‘Ça m’a parlé’ mais je comprends que cet ouvrage ne plaise pas à tout le monde. ( cf la réunion du club audio sur la page Facebook Audible.fr ).
Je dis oui, trois fois oui, pour I am I am I am

C’est un texte atypique entre mémoires, journal intime et témoignage qui a su me toucher, me parler… Et c’est surtout une célébration de la vie ! Ce qui ne tue pas rend en effet plus fort, quelque part. Maggie O Farrell se livre, mentionne certes des personnes dangereuses rencontrées dans son parcours, mais aussi des personnes bienveillantes et remercie ces dernières d’ailleurs à la fin.
La narratrice, Amélie Céline, est très bien, elle n’en fait pas trop !

Parfois c’est un peu dur à suivre, parfois il y a des répétitions, c’est dû à la structure même du livre. Maggie O’Farrell se confie, se souvient. Elle n’organise pas son texte de manière chronologique.

Je comprends toutefois que certains lecteurs n’aiment pas. C’est vrai que certains passages sont durs, peuvent rappeler de très mauvais moments …. Et puis oui, ce texte paraît autocentré ; mais au final il ne l’est pas tant que ça, surtout vers la fin, puisque l’autrice parle de sa fille !

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Club de lecture du 19 juin 2019

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En cette soirée du 19 juin, les Lectrices se sont retrouvées autour de baguettes (pourtant, la lecture de Xinran c’était le mois dernier), de bo-bun, pour parler de « No home » de Yaa Gyasi.

No-Home

Cette lecture avait été proposée par Sara, roman qui lui avait été recommandé par une collègue. Elle a été désarçonnée par la couverture et le contenu. C’est un roman très dense, avec beaucoup de personnages. Sara a eu un peu de mal à suivre et à entrer dans l’histoire mais au final a beaucoup aimé cette lecture, tout particulièrement la fin.

Aude fait également partie des Lectrices studieuses et a fini sa lecture avant le Club. Elle a qualifié le livre d’excellent premier roman d’une jeune fille de 27 ans qui raconte une histoire sans juger les faits. Elle a trouvé le livre beau et bien écrit, tragique mais cela n’est pas surprenant pour l’époque. Aude a notamment aimé les histoires des deux femmes et de leur descendance, toutes les générations apportent une pierre à l’édifice. Ce roman est pour elle très imagé : douleur, bonheur, paysages, le lecteur partage le quotidien. Il traite de l’esclavagisme de façon originale, et Aude a notamment souligné que l’autrice va jusqu’au bout de son histoire et sans se perdre.

Les bonnets d’âne du Club sont décernés à Marjolaine et Gwenaëlle qui sont toutes deux en cours de lecture du roman.

Marjolaine a pensé à « Twelve years a slave » au cours de sa lecture, elle a trouvé qu’il y avait trop de personnages mais elle s’est laissée porter l’histoire et le thème de l’esclavage. Elle a estimé que les filles qui deviennent femmes ont un destin pourri, et que c’est une réalité dans beaucoup de pays même aujourd’hui. Nous devons d’ailleurs à Marjolaine la citation du jour : « Plus t’es belle, plus t’as pas d’chance. ».

Gwenaëlle aime beaucoup cette lecture pour le moment, notamment les récits enchâssés qui passent d’un personnage à l’autre et d’une époque à l’autre. Elle a commencé cette lecture à l’aveugle et va la continuer pour voir jusqu’où cela la mène.

C’était à Marjolaine de proposer 3 « pavés » de l’été :

  • « L’enfant des lumières » de Françoise Chandernagor
  • « Consuelo » de George Sand
  • « Lonesome Dove » de Larry McMurtry

Et c’est « Lonesome Dove » qui a remporté le plus de votes, alors en selle pour cette prochaine lecture !

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Puis les Lectrices ont partagé leurs coups de cœur/griffe :

  • Marjolaine : coups de cœur pour « Le nouveau » de Tracy Chevalier, « Jane » d’Aline Brosh McKenna , «  »Cinder », « Scarlet » , « Cress » , « Winter », « Levana » de Marissa Meyer, « Maliki » de Maliki, « Everless » de Sarah Holland, a enfin vu « Sister act 1 » (et « Men in black ») et un coup de griffe pour « M, le bord de l’abîme » de Bernard Minier;
  • Sara : coups de cœur pour « Pas dupe » d’Yves Ravey, « A la ligne » de Joseph Ponthus, « Né d’aucune femme » de Franck Bouysse et la dernière saison de « Game of thrones »;
  • Gwenaëlle : coups de cœur pour « Avec un grand H » de Jean-Christophe Piot, « Le passage » de Justin Cronin, « Mon inconnue », « Douleur et gloire » et « Parasite » et lecture agréable de « Black out » de Marc Elsberg.

Les Lectrices vous souhaitent un bel été rempli de lectures diverses et variées et vous disent à bientôt pour de nouvelles aventures littéraires !

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(Rencontre) Ernie Lapointe pour Sitting Bull, sa vie, son héritage

Sur ce blog, nous parlons peu des rencontres avec les auteurs que nous faisons.Il m’est certes arrivé de faire un compte-rendu du Salon du livre de Paris …
Mais à l’occasion de la sortie française du livre rédigé par Ernie LaPointe « Sitting Bull, sa vie son héritage », il se trouve que j’ai pu rencontrer l’arrière petit-fils de Sitting Bull à Paris , à l’ambassade américaine !
J’ai souhaité partager avec vous, chers lecteurs, cette expérience…
Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un porte-parole de la culture amérindienne (lakota plus précisément).
J’amenderai ce billet avec un bref avis sur le livre en lui-même ainsi que sur les introductions. La plus importante des préfaces est signée par l’autrice française Claire Barré : elle est à l’origine du projet de traduction du livre en français et elle a assuré la traduction à l’ambassade. Merci et bravo à elle.
Pour l’occasion, Ernie LaPointe a interprété, accompagné de sa femme Sonja, un chant sacré lakota. Il a répondu aux questions ( sur un film décrivant son ancêtre, sur ses origines françaises, sur le chiffre 4-sacré pour les Indiens-, sur le pardon) sans esquiver ni s’appesantir.
Nous avons pu déguster le thé créé par la Maison Meert spécialement en hommage à Sitting Bull, un mélange de thés noirs avec de la sauge blanche (plante sacrée chez les Indiens).
J’ai été marquée par l’humilité, la simplicité de ce monsieur … et son message, message qu’il développe dans son livre.
Le fait que cet événement ait eu lieu à l’ambassade de Etats-Unis est très symbolique et cette soirée restera longtemps dans ma mémoire.

Mes remerciements aux éditions Flammarion et à l’ambassade des États-Unis.

Le livre est disponible chez Flammarion, au prix de 16 € 90.

Ernie et Sonja LaPointe ainsi que Claire Barré sont actuellement en « tournée livresque » dans toute la France. Ils sont passés à Strasbourg, à Lille…

Pour en savoir plus sur Claire Barré et son livre « Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull », suivez la flèche https://claire-barre.iggybook.com/fr/

Pour suivre Ernie LaPointe , sachez qu’il possède un compte Facebook ( c’est la magie du web, je dirais, pour paraphraser Claire Barré.)

Pour finir, vous trouverez ci-dessous quelques photos de l’événement (avec Ernie et Sonja LaPointe, ainsi que Claire Barré) et des suggestions de lectures…

 

Nous recommandons également sur le thème des Amérindiens plusieurs livres.

Tout d’abord il y a l’excellent livre de David Grann  » La Note américaine« .
En version originale, le titre est plus long et précis : » Killers of the Flower Moon: The Osage Murders And The Birth Of The FBI » . Il s’agit donc de l’histoire vraie de meurtres commis sur des Amérindiens en 1921 dans l’Oklahoma ; un vrai travail d’enquête qui va être adapté au cinéma par Martin Scorsese. Sara et moi l’avons apprécié. Le livre est publié par les éditions du Globe ( parution le 7 mars 2018).
➡ Pour avoir plus de détails sur le livre et le projet de film de Scorsese (avec, en têtes d’affiche, Leonardo DiCaprio et Robert De Niro),  vous pouvez lire mon texte ici.

Ensuite vous avez les romans de Jim Fergus comme « Mille femmes blanches » (1998) et sa suite, « La Vengeance des mères » (2016) – ou encore « La Fille sauvage » (2005).
Éditeur : LE CHERCHE MIDI.

Enfin, Éric Vuillard s’est aussi intéressé à l’histoire des Amérindiens.Son ouvrage : « Tristesse de la terre » – sous-titré : « une histoire de Buffalo Bill Cody » est paru chez Actes Sud.Pour conclure ces suggestions, last but not the least : Claire Barré et son livre « Pourquoi je n’ai pas écrit de film sur Sitting Bull« .

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Club des lectrices du vendredi 17 mai (Messages de mères inconnues de Xinran)

Club des lectrices du vendredi 17 mai …

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La cheffe tyrannique marche d’un pas lourd vers la brasserie Le Trésor, sachant qu’elle devra écrire le compte-rendu de la séance du club des lectrices en l’absence de son scribe zélé et talentueux.
Un club des lectrices en petit comité : Sara, Sandy et Marjolaine (la cheffe tyrannique). Aujourd’hui nous parlons du roman « Messages de mères inconnues » de Xinran. »
Xinran(欣然, son nom de plume), née en 1958 à Pékin, est une journaliste et écrivaine chinoise.  » (merci Wikipédia.)
Le mojito/coca aidant, nous commençons (même si nous avons eu la douleur de ne pas être installées sur des sièges motifs peaux de vaches correspondant à nos personnalités profondes).

Messages de mères inconnues de Xinran

4e de couv Messages de mères inconnues

(c) Editions Philippe Picquier

Sara : en a lu les 2/3 et n’a pas aimé. Elle aurait aimé préféré lire un documentaire sur le sujet même si c’est un roman intéressant. Le sujet est bloquant. A noter : « La journaliste s’envoie un peu des fleurs » et le brillant « C’est tout. » (propos vers 20h31).
Sandy : a bien aimé et a trouvé ça touchant. Elle prévoit même de lire les annexes ! Connaissant mal la Chine, elle a fait des découvertes et ce livre l’a « un peu instruit ». (tant-mieux, dirons-nous !) Le découpage du livre et le fait de suivre l’histoire de plusieurs femmes est intéressant. Elle aimerait lire d’autres livres de cette autrice. Effet de juxtaposition d’histoire et manque de fil rouge (communiste ou pas). Ce roman aurait été mieux en essai. A noter : « Ah ! What ? Allo quoi ? Voilà. » (propos vers 20h36).
Marjolaine (avant de mâchonner ses frites d’un air béat) : a bien aimé, roman touchant « boulversifiant » qui conte des situations affreuses. Une découverte de l’autrice, Xinran, lue pour la première fois. La couverture est jolie. Les histoires sont un peu juxtaposées. En résumé cynique c’est « une épopée de la joie ».
Gwen (en pensée) :
« De Xinran j’avais lu « Funérailles célestes » et « Chinoises« , deux lectures qui m’avaient profondément marquée. « Messages de mères inconnues » est un prolongement de « Chinoises », l’auteur y fait quelques références,  surtout parce que Xinran avait recueilli de nombreux témoignages de mères ayant abandonné ou tué leur enfant mais n’avaient pu se résoudre à les coucher sur papier. Il lui aura fallu de nombreuses sollicitations de familles ayant adopté des enfants chinois (i.e des petites filles) pour le faire.
Les récits sont tous poignants, à la limite du soutenable par moment, mais je trouve qu’ils sont racontés avec beaucoup d’empathie et sur un ton juste, jamais moralisateur, mais au contraire empreint de bienveillance.
Cela permet à nous Occidentaux d’un peu mieux saisir cette politique de l’enfant unique et les répercussions qu’elle a engendré en Chine, de voir la Chine différemment : de l’intérieur, et de pouvoir mieux comprendre des réactions ou attitudes qui nous paraissent horribles.
D’une façon générale, les récits de Xinran ouvrent une fenêtre sur la Chine en mettant en lumière ce pays et en le rendant compréhensible pour toute personne n’y étant pas née et/ou n’y ayant pas vécu.
Ce récit restera longtemps dans mon esprit et contribue à s’ouvrir un peu plus sur le monde et sur autrui, voilà des textes qui même s’ils sont douloureux à lire permettent à chacun de mûrir et d’en retirer quelque chose. »
Claire (à distance en train de lutter contre une fourmillière ) :  Ce livre est une parole à partager… un cri d’amour, mais aussi de souffrance ! Mon cœur s’est serré à de nombreuses reprises en lisant ces témoignages de mères (adoptives ou non), et de filles… Sans parler du traitement- réservé aux petites filles principalement à la campagne : infanticide, avortement sélectif, abandon…On y parle  aussi plus généralement du sort des orphelins et d’adoption.

Ce texte est aussi un retour sur une période de l’histoire chinoise, notamment sur les conséquences de la politique de l’enfant unique, une époque pas si lointaine que cela. C’est très bien traduit (il me semble) par Françoise Nagel, il y a même de la poésie, et de nombreuses références culturelles – les annexes sont intéressantes (bien que le code de l’adoption soit aride…) , elles concernent différents aspects de la civilisation chinoise.

Coups de cœur/ coups de griffes littéraires :

Gwen (en pensée numérique) : coups de cœurs pour « Vox » de Christina Dalcher, « Sorcières » de Mona Chollet, – Claire a écrit deux avis sur ces livres en version audio, cf liens ci-contre.-  « Le mur invisible » de Marlen Haushofer. Lecture agréable de Marguerite Duras avec « Un barrage contre le pacifique ».
Coups de cœur « filmesque » pour : « Nous finirons ensemble » de Guillaume Canet : « j’ai été plutôt surprise agréablement car l’histoire tient la route, j’aime assez cette bande de « pseudos » copains qui en fait sont égoïstes et se tirent dans les pattes, d’une certaine façon ils représentent des personnalités que nous croisons dans notre vie et leurs attitudes me sont (malheureusement) familières. C’est un portrait mordant et cynique des rapports humains actuels, mais il y a un fond de vérité. »
Sandy : coups de cœur « filmesques » pour : « Le chant du loup » (« magnifique »), « Dumbo » (« Génial ! ») et coup de griffe pour « Tanguy 2 » (« Pathétique ! »).
Sara : coups de cœur pour : « Chagrin d’aimer » de Brisac, « Vie de ma voisine » de Brisac et « Le sport des rois » de Morgan.
Marjolaine : coups de cœur pour « Toute la ville en parle » de Flagg, « Malevil » de Merle et « Home sweet home » de Philias et Zeniter.
Coups de griffes pour : « Deux sœurs » de Foenkinos et « Comme par magie » (L’hôtel des souvenirs T.2) de Roberts.

Propositions de lectures :

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Sara nous a ensuite proposé trois livres (avant ou pendant le mâchage de frites (flou temporel)) :
• « Ma cousine Rachel » de Du Maurier
• « Rêves de garçons » de Kasischke
• « No Home » de Gyasi

Sandy et Sara ont imposé (par la force évidement) : « No Home » de Gyasi alors que la cheffe voulait lire « Ma cousine Rachel » !

No-Home

Nous saurons en juin (date à déterminer par le Cally, cousine de Doodle) si :
• Sandy a trouvé le livre dans la réserve de Vincennes (faisant rictusser (faire un rictus) la bibliothécaire) ;
• Marjolaine a lu des livres intelligents (et pas trop niaiseux) d’ici là (piquée au vif dans sa dignité littéraire par son coach « livres intelligents » Sara);
• Claire a vaincu les fourmis dans un remake violent de « Minuscules »;
• Aude a remporté le pactole dans ses projets immobiliers.

 Marjolaine proposera (imposera par la force) le pavé à lire cet été (dans un multi-choix de livres merveilleux choisis de son goût sûr) !

A bientôt !

Les lectrices

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Livre audio : Sorcières de Mona Chollet

J’ai découvert l’œuvre de Mona Chollet grâce au club des lectrices …
En effet, en juin 2018, nous avons eu comme lecture commune « Beauté fatale » de cette autrice.
Un essai que nous avions toutes apprécié.
Quand j’ai appris que « Sorcières, la puissance invaincue des femmes« sortait en livre audio chez Audible, j’ai sauté sur l’occasion surtout que j’avais écouté le podcast « bonus »de la Poudre avec Mona Chollet qui résumait un peu son ouvrage.
J’espérais après cette écoute que ce livre s’inscrirait dans la continuité de sa ligne éditoriale, et c’est le cas. On retrouve d’ailleurs des réflexions communes dans les deux ouvrages.

Dans « Sorcières, la puissance invaincue des femmes » étudie trois représentations de  » sorcières  » ces femmes pourchassées depuis la Renaissance : la femme indépendante, la femme sans enfant, la femme âgée. Elle analyse le pourquoi de cette traque des sorcières. Il s’agissait d’asseoir la domination masculine ( ou plutôt  la domination de certains hommes), de faire taire les esprits libres et les guérisseuses … Certains passages donnent la chair de poule ou retournent l’estomac.

Je ne vais pas vous résumer tout le livre – mais sachez qu’il y a aussi une réflexion sur la maternité et sur la manière dont les femmes souhaitent disposer de leur corps, on mentionne aussi la peur  que suscite leur corps féminin et la violence engendrée par cette peur, ainsi que la peur patriarcale de perdre le pouvoir au profit d’une femme.

Sorcières, c’est donc plus un essai féministe, sociologique, politique et historique qu’une analyse d’œuvres où on parle de sorcières… Cette audio- lecture a été une réelle stimulation intellectuelle.

Il m’arrive de lire des essais, mais en écouter, c’est une autre histoire….
Heureusement le style de Mona Chollet passe très bien à l’oral. Les analyses que l’autrice fait, sont passionnantes.

Mona Chollet a fait de nombreuses recherches et elle n’hésite pas à utiliser le  » Je « et sa propre sensibilité, sa propre expérience pour écrire ce livre.
Alors bien sûr parfois je ne suis pas d’accord avec certaines réflexions qu’elle fait.
Mais il est rare qu’un livre fasse autant mouche dans mon esprit…

La réalisation du livre audio est impeccable, et la lectrice (Aline Afanoukoé) parfaite.
C’est donc un livre audio que je vous recommande.

Extrait à écouter sur Audible.fr (cf lien supra)

Couverture et livre audio ©2018 Éditions La Découverte, Paris (P)2019 Lizzie, un département d’Univers Poche, Paris