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Les auteurs sont-elles des femmes heureuses ?

Les discussions du club le 12 juin ont tourné autour de Nuala O’Faolain et son autobiographie On s’est déjà vu quelque part ? Elle y évoque son destin de femme intellectuelle, un destin semé d’embûches et de difficultés. Nous sommes demandées si les femmes écrivains pouvaient être heureuses et équilibrées dans leur vie personnelle.

Si on pense à des auteurs comme Virginia Woolf ou Nuala O’Faolain, la réponse est évidente, mais est-ce aussi « simple » que cela ? On a pensé à d’autres écrivains qui ont une vie personnelle qui a l’air plus sereine comme Joyce Carol Oates ou Nancy Huston….

On s’est d’ailleurs interrogées sur l’écriture. Pour certaines, le besoin d’écrire correspond à un manque à remplir et donc un déséquilibre. Mais la créativité correspond-elle nécessairement à un vide à remplir ? On s’est dit que certaines aimaient peut-être créer des histoires tout simplement.

On s’est dit qu’il serait intéressant de contacter des femmes écrivains pour connaître leurs avis là-dessus.

Mais, moi, je me demande pourquoi y aurait-il une différence entre une femme qui écrit et un homme ?  Ca me fait d’ailleurs penser à cette déclaration du Prix Nobel de littérature Naipaul qui a osé dire « Les femmes écrivaines sont différentes, elles sont très différentes. Je lis un extrait de texte et en un paragraphe ou deux, je sais si c’est de la main d’une femme ou non. Je pense que ce n’est pas à mon niveau ».

Pleins de questions pour alimenter nos discussions futures !

 

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17 commentaires sur “Les auteurs sont-elles des femmes heureuses ?

  1. Quand on lit Oates, franchement, écriture féminine ou masculine difficile de savoir ! il faudrait faire un test, faire lire un texte en cachant le nom de l’auteur et tenter de deviner : homme ou femme ! regardez pour « les années douces » Sandra et moi étions persuadées que l’auteur était un homme à l’écriture féminine ! je crois que Béatrice Didier a écrit un essai à ce sujet, je vais chercher !

  2. Voilà j’ai retrouvé : il s’agit de « l’écriture-femme » (au PUF)… je l’ai dans mes cartons… à lire sans doute !

  3. Après il faudra se demander si les écrivains sont des hommes heureux… Il y a certainement de tout des deux côtés : des heureu(x)ses, des malheureu(x)ses, des incompris(es), des frustré(e)s…

    Les femmes sont sans doute plus méprisées, moins reconnues juste du fait de leur « condition » (idée machiste encore bien répandue : femme intello=plus vraiment une femme…), mais moins heureuses ? Le bonheur, c’est une question sur leur manière de voir la vie et l’écriture, pas une histoire de genre.
    Certes, il y a existé une époque où être femme était incompatible avec le métier d’auteur. C’est révolu, maintenant, c’est accepté. Ce qu’il faut c’est changer les dernières mentalités machistes qui traînent encore (mais qui touchent tous les aspects de la société, pas uniquement l’écriture 😉 )

  4. Il y a effectivement des écritures féminines et masculines en fonction des différences imposées en fonction du sexe par les différentes sociétés qui crées des vécus et des ressentis différents. Tant qu’on offrira des Barbies aux petites filles et qu’on peindra d’office en rose leur chambres alors que les garçons recevront des armes et auront une chambre bleue, on risque d’avoir des différences dans l’écriture. Mais malgré tout, je trouve que c’est assez mineur parce qu’un grand écrivain passe au travers de son propre vécu pour atteindre à l’universel et transcende la barrière du milieu et du sexe.

    La question du bonheur va aussi au-delà de ça je trouve. Certes une femme sera ou non prise au sérieux selon l’époque en tant qu’intellectuelles ou artiste. Mais est-ce tellement plus simple pour un homme? Vouloir écrire et en faire son unique profession ne me semble pas avoir été pris au sérieux dans beaucoup de milieux et de famille. Je pense au père de Proust qui voulait que son fils fasse de vraie étude pour avoir un vrai métier autant qu’à celui de Sagan qui voulait bien que sa fille publie mais « pas sous notre nom »… D’un autre coté, est-ce que Jane Austen aurait écrit si elle avait été un homme avec l’obligation de travailler et de gagner de l’argent, sans parler de partir à la guerre, alors que son sexe féminin lui a permis de mener une vie domestique, précaire de vieille fille à la charge de sa famille qui lui laissait la possibilité d’écrire. Il est vrai que l’accès à la culture et à l’écriture qu’elle a eu était assez exceptionnel pour l’époque et du en grande partie à un milieux particulier. (Le pensionnat familial) C’est probablement une question qu’on ne peut pas généraliser et qui doit être vue au cas par cas….

    Et la question de la souffrance qui nourrit l’écriture se pose, bien sûr. La question du bonheur de façon plus générale aussi ne concerne pas que les écrivains. Sauf que l’écrivain réfléchit la question du bonheur et qu’on peut peut-être se demander dans quelle mesure penser le bonheur n’empêche pas de l’atteindre… Et là, on dépasse largement la question du sexe aussi.

    • Merci pour ta participation à cette vaste question !

    • Réduire la différence des sexes aux « poupées pour les filles » et aux « armes » pour les garçons : j’ai trois garçons. Bien décidée à ne pas les élever en « bleu voiture », ils ont toujours eu des jouets mixtes. Résultat, la première fois que mon aîné a pu choisir un jouet, il a pris une voiture et pas une poupée… Son frère aime les personnages, pas vraiment les poupées cependant, mais est aussi accro aux voitures… Pourtant, ils n’ont pas été élévés en « garçon » mais en « individu ».

      Dire « tant qu’on agira comme ça, on induira tel comportement » c’est nier la différence des genres : Non, une femme n’est pas un homme. Evidemment, il ne faut pas pousser le comportement en interdisant aux garçons de jouer à la poupée et les filles à la voiture (chez moi, la guerre n’est pas un jeu, même avec des armes en plastique)
      Il faut accepter qu’une femme pense et réagisse différemment d’un homme (je n’aime pas les généralités, mais pour une fois, je parle de comportement général)
      C’est un pas vers l’égalité car le problème principal de la sous-représentation des femmes dans les cercles intellectuels, c’est qu’on ne prend au sérieux que celles qui se mettent à raisonner comme des hommes… et on parle alors d’égalité, quand elles abandonnent une partie d’elles-même pour entrer dans la place.

      (mais comme dit Delphine, le sujet est vraiment très vaaaaaaaste 😉 )

      • Je parlais de l’époque ou les choses étaient stéréotypée et ou il n’était pas question de sortir du cliché. Je ne voulais pas nier les genres. Mais je pense qu’il est impossible de mesurer l’importance de l’inné et celles de l’acquis. Parce que indépendamment des questions d’éducation familiale, il y a toute la question des stimulation extérieure et là, impossible de dire qu’on ne nous contraint pas à adopter des comportement en fonction de notre sexe. Personnellement, je n’aime pas parler en termes hommes/femme ou masculin/féminin (je préfère parler d’individu), parce que c’est souvent étroit et réducteur, et qu’il faut laisser une place au trangenre etc. Je ne pense pas qu’il y ait une frontière si marquée entre les sexe que ne la marque la société dans son ensemble. Mais là, on sort du débat.

  5. Je crois que au-delà du genre ou du sexe d’un style, il faudrait plutôt parler de sensibilité ou valeur féminine ou masculine. On peut être femme et avoir une sensibilité/valeur masculine, et être un homme et avoir une sensibilité/valeur féminine, indépendamment du sexe. Il y a des femmes fortes,entières, et des hommes doux, fragiles, or on écrit je crois non avec son sexe (ça saurait!!!) mais avec ses tripes, avec ce qui est au fond de nous, et que l’on soit homme ou femme, c’est finalement avec notre humanité… je ne sais pas si je suis bien claire ! pour ce qui est des enfants et du choix des jouets, je suis une fille, mais enfant j’ai aussi bien joué avec des voitures et des billes avec mon frère, qu’avec des poupées avec ma soeur ! ce qui est bien finalement c’est d’avoir une part homme et une part femme en nous, non ?

  6. La question est effectivement trop vaste car il y a dedans PLEINS d’autres questions. On peut peut être déjà s’intéresser au statut de la femme écrivain et à sa place dans la société. Il semble aujourd’hui que c’est tout de même plus simples pour elles comme le dit Paumadou, mais est-ce si vrai ? Je m’interroge…

  7. Comme d’habitude, je suis complètement d’accord avec Georges : Ton commentaire était très clair sur la question de l’identité, plus importante, plus fondatrice ou plus réelle que le simple sexe. Et effectivement, nous pensions toutes les deux que Kawakami était un homme avec une vraie sensibilité féminine.

    En relisant mon commentaire, je réalise qu’il ne sert à rien mais je tiens simplement à attirer l’attention sur ton pseudo qui est quand même bien intéressant quand on lit ce billet…une femme qui prend un pseudo d’homme lui même choisi par une femme, curieux, non ?? :-)) Et je vais très vite lire « l’écriture-femme » pour nourrir ma réflexion.

    • Il y a quelque jour, j’ai laissé un commentaire sur un blog avec mon pseudo et le blogueur a cru que j’étais un homme (je souligne qu’il lit mon propre blog)….aurais-je une écriture masculine ???? bizarre bizarre !!! 🙂

      • Comme quoi, c’est peut-être le présentation qui compte plus que l’écriture pour déterminer si c’est une œuvre d’homme ou de femme… Bien sûr, il y a des thèmes spécifiques parce qu’ils ont été longtemps réservés à l’un ou l’autre sexe parce qu’ils relevaient plus de valeurs féminines ou masculines selon la société et plus simplement parce que l’accès dans la vie réelle était réservé à un sexe en particulier… Maintenant, est-ce que ça continue ou pas ? Oui, probablement même si c’est de façon mois formelle. Même s’il y a du progrès, et pas un peu, personne ne peut nier que le sexe ne soit encore à l’origine de discriminations. Maintenant, je pense quand même que l’écriture romanesque est un domaine privilégié par rapport à d’autre, probablement parce que des femmes de talent ont ouvert la voie depuis si longtemps. Après tout, l’un des roman fondateur en langue française est celui d’une femme Madame de la Fayette…

  8. Juste pour vous dire que je finis de lire De l’art du bonheur : Apprendre à vivre heureux de
    Christophe André, un beau livre comprenant 25 tableaux ( hop ! comme çà je me replonge dans des tableaux avant de lire l’œuvre de Zola)… et 25 « leçons » pour être heureux (homme ou femme : pas de jaloux)!
    Et quelle femme écrivain ce psychiatre cite – t- il donc ? Nancy Huston ! Je vous recherche le titre de l’ouvrage de Nancy dans un autre commentaire.

  9. « C’est la douleur qui a été pour moi, pour écrire, un moteur. La douleur du chemin pour devenir une femme libre. Mais c’est la fête qui a dominé dans ma vie. »

    Colette

  10. Est-ce encore si important à notre époque ? Oui si l’on en croit le prix Nobel (mais ça c’est aussi une question de culture identitaire à mon avis, avec un atavisme bien ancré) et un autre débat. Les femmes au début du 20ème siècle devaient prendre un pseudo d’homme pour être lues et la question ne se posait pas, un homme était crédible, une femme renvoyée à ses casseroles et à son ventre censé assurer la reproduction, point.. Aujourd’hui les douleurs, les bonheurs ont une sensibilité (en écriture) quasiment égales et une écrivaine talentueuse n’aura pas de problèmes face à un concurrent masculin. Quel écrivain(e) écrit dans le bonheur ou la béatitude ? Je ne pense pas qu’il y ait plus ou moins d’écrivains heureux que de gens heureux. Faut-il souffrir pour écrire ? Peut-être mais ce n’est pas un critère « sexué » qui détermine le talent, tout au plus une once de sensibilité et encore ! Je connais des écrivains hommes plus doués pour leurs personnages féminins et des femmes amazones qui ne parlent pas de confitures ! Si ce problème de parité et d’égalité est loin d’être résolu dans le monde du « travail » dans la et les société(s) en général, je pense que dans l’écriture, seul le talent fait la différence. Et se poser en femme « martyre » de son sexe n’arrange pas les choses. George Sand malgré son prénom s’est fait un nom à un siècle où il n’était pas facile d’être femme. Madame de La Fayette, mondaine assumée a traversé les siècles, donc j’en reviens au talent brut pour dire que seul celui-ci est déterminant dans nos choix, nos amours ou nos désamours. Et qu’il n’est plus nécessaire de coucher pour être publié(e) ou reconnu(e).

  11. PS : Mais ne baissons pas la garde, les vieux réacs existent encore, même s’ils la ramène un peu moins, et surtout, surtout il existe des « réseaux occultes », type franc-maçonnerie où les femmes ne sont pas encore majoritaires et je peux vous dire que dans ces loges, se décident beaucoup d’avenirs…prioritairement masculins ! A nous de nous battre encore et toujours mais avec l’avantage de ne plus avoir à cacher notre sexe et à être suffisamment pertinentes pour être entendues. En attendant, d’ailleurs quelle est la dominante sur la blogosphère en général ? Bah voilà, nous nous interdisons plus rien et qui nous aime nous suive !

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